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L'influence de l'usine Renault du Mans sur la vie rurale du département de la Sarthe

[note critique]

Année 1961 32 pp. 452-457
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J. Dufour. — L'influence de l'usine Renault du Mans sur la vie rurale du département de la Sarthe. (*)

L'acquisition en 1920 par Louis Renault de 237 ha de landes au Sud du Mans devait plus tard bouleverser la vie du département de la Sarthe : c'était en effet l'acte de naissance d'une très grande usine dans un département qui n'en possédait aucune.

C'est en 1936 qu'ont été construits les premiers ateliers ; jusqu'en 1940, on n'y fabriqua que du matériel de guerre, puis, à partir de cette date, des tracteurs. En 1950, les demandes en tracteurs étant devenues trop fluctuantes, la Régie décida d'y transférer de Billancourt la* fabrication d'un certain nombre de pièces lourdes d'automobiles (Frégate, 4 CV, puisDau- phine) : à peu près tout ce qui est sous le châssis des véhicules Renault se fabriquait au Mans jusqu'à ces temps derniers. D'autre part la fabrication des tracteurs reprenait de l'importance en 1956 avec la mise en marche de nouveaux ateliers d'usinage. Ainsi, de 2.000 ouvriers en 1943, les effectifs de l'usine passaient-ils à 3.600 en 1950, puis à 5.114 en 1951 ; le maximum devait être atteint en février 1957 avec 9.061 ouvriers ; après les licenciements récents, l'usine emploie encore 8.639 personnes en février 1961.

La ville du Mans n'a pas pu fournir toute cette main-d'œuvre, et les salaires offerts, les plus hauts du département (car le personnel déplacé de Billancourt voulait conserver les mêmes avantages), ont exercé partout dès le début une très forte attraction : en juillet 1957, un OS2 chez Renault gagnait 206 francs de l'heure, un manœuvre-balai 177 francs, alors que le SMIG était de 120 francs 40 ; en février 1961, un ouvrier spécialisé gagne en moyenne 58.000 anciens francs par mois. Depuis 1951, une prime d'assiduité trimestrielle a été créée, qui n'est payée intégralement que si l'ouvrier n'a pas un seul jour d'absence (chaque jour d'absence la diminue de 20 %). Ces salaires paraissent si hauts à la plupart des ouvriers ruraux qu'ils trouvent inconvenantes les revendications de leurs camarades de ville. Sur 15.000 demandes d'embauché reçues par la Régie en 1954, 35 % provenaient du Mans ; 52 % du reste du département ; 13 % des autres départements ou de l'Afrique du Nord ; 16 % de l'ensemble provenaient de cultivateurs, mais beaucoup de solliciteurs étaient des ruraux non cultivateurs : par exemple des ouvriers d'entreprises industrielles sises hors du Mans, où le travail est dur et moins bien rémunéré, comme les forges d'Antoigné. Si les demandes émanant de cultivateurs n'ont pas été plus nombreuses, c'est parce qu'ils estimaient n'avoir aucune chance d'être admis, n'ayant aucune qualification. Les plus nombreuses demandes provenaient des communes situées au S.-E. du Mans, région de sol pauvre et de petite exploitation où le surpeuplement rural est évident.

Aujourd'hui, la ville du Mans fournit à elle seule 73,4 % de la main- d'œuvre (c'est-à-dire un peu plus qu'au moment de l'extension de l'usine en 1956-1957, car on ne trouvait plus alors de main-d'œuvre disponible en ville) ; les communes suburbaines 6,4 % ; la campagne 20,26%, soit à peu près 1 ouvrier sur 5.

La carte de la répartition actuelle du personnel montre qu'il se groupe

(•) Communication présentée au XVIIe Congrès des Sociétés savantes du Centre- Ouest, qui s'est tenu à Chauvigny (Vienne) du 29 avril au 1er mai 1961.

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